Au tribunal de Toulouse, le greffe réclame des renforts face à l’épuisement
Des audiences jusqu’au milieu de la nuit, des dossiers qui s’accumulent et des agents épuisés. Au tribunal judiciaire de Toulouse, le personnel de greffe réclame des effectifs supplémentaires. Le jeudi 15 octobre 2026, 33 % des agents ont fait grève, selon l’UNSA Services judiciaires, qui décrit une mobilisation d’une ampleur inédite. Les difficultés sont rapportées par actu.fr ce vendredi 30 octobre.
Des délais qui pèsent sur les justiciables
La surcharge de travail a des conséquences concrètes sur le traitement des affaires. Les dossiers d’instruction peuvent attendre jusqu’à deux ans avant de passer en audience. En correctionnelle, trois à quatre mois sont nécessaires après la décision prise à l’audience pour rédiger le jugement et inscrire la peine au casier judiciaire.
Une greffière témoigne aussi de l’attente de victimes, qui peuvent patienter six mois avant de toucher leurs dommages et intérêts. Elle explique que les agents ne parviennent pas à résorber le retard malgré leurs efforts.
Selon le syndicat, un greffier assure en moyenne près de neuf audiences par mois, contre sept pour une charge jugée supportable. La préparation des dossiers, les audiences et le travail qui suit conduisent souvent à des journées de quinze heures, parfois dix-sept. Certaines audiences se prolongent jusqu’à une heure du matin.
Des postes réclamés par les agents et la direction
L’UNSA Services judiciaires souligne que Toulouse compte vingt greffiers de moins que le tribunal judiciaire de Bordeaux. Treize postes d’adjoints administratifs sont également vacants. Le personnel demande des créations de postes de greffiers et le recrutement d’adjoints administratifs.
Sabine Lafont, directrice de greffe adjointe, partage ces demandes. Elle indique que dix greffiers manquent depuis le 1er octobre, notamment en raison de maladies et de congés maternité, en plus du déficit d’adjoints administratifs.
Le syndicat alerte sur les effets de cette pression sur la santé des agents : épuisement, prise d’antidépresseurs et multiplication des arrêts maladie. Faute de réponse jugée suffisante de l’administration, il envisage de nouvelles mobilisations, pouvant durer une journée ou une semaine.
Source : actu.fr
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